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Das Ortsbild des Monats Mai ist eine gekürzte Version der französischsprachigen Aufnahme aus der ISOS-Publikation Freiburg, Band 1.1 und 1.2.
Evolution de l'agglomération
Sur ses quatre derniers kilomètres, depuis le lieu-dit Ameismühle au sud de Tavel jusqu'à son embouchure dans la Sarine en ville de Fribourg, le torrent du Gottéron s'écoule dans une étroite et profonde gorge encadrée par deux parois couvertes d'une épaisse végétation. Le nom du site - Gottéron en français, Galtern en allemand - évoque une part importante de la magie du lieu: dérivant soit du terme choudru ou choudrun, soit du bas-latin calderum, qui signifient chaudière ou chaudron, il fait allusion aux marmites creusées dans la roche par le tourbillon des eaux et des galets. Dans les rochers, les «trous des fantômes» montrent la fascination exercée sur la population par cet endroit aux accents fantastiques.
En dépit de son caractère inhospitalier, le vallon du Gottéron représenta une chance énorme pour la ville de Fribourg qui, dès sa fondation, bénéficia de l'émulation de la proche abbaye d'Hauterive en matière d'utilisation de l'énergie hydraulique.
En effet, la Sarine était trop tumultueuse pour accueillir sur ses berges des moulins de façon durable et le Gottéron lui fut préféré en raison de son débit plus facilement maîtrisable. Alors que la moitié orientale du vallon, à étroit profil en V, ne pouvait offrir aucune possibilité d'exploitation, sa moitié occidentale - légèrement élargie au nord du torrent - se mua en un véritable quartier industriel. Cet événement précoce permit à la ville de Fribourg de jouer un rôle économique de tout premier plan au Moyen Age.
Le plus ancien moulin est attesté au Gottéron en 1257, quelques années après le rattachement du quartier des Forgerons à l'Auge, en 1253-1254. Pour régulariser le débit du torrent, quatre digues furent construites à une époque indéterminée: elles alimentaient un canal parallèle au pied septentrional du vallon. Dotée de biefs de régulation, l'installation encore visible remonte à la fin du 16e siècle.
Au fil du canal partiellement protégé par un tunnel s'étageaient les moulins. Jusqu'au 19e siècle, on ne comptait pas moins de trente à trente-cinq moulins destinés à des fins variées: moulins à farine ou à huile, foulons à draps, pilons à tan, martinets à minerai, à fer ou à cuivre, scieries, moulins à aiguiser ou à scier les pierres, râpe à tabac, pilon à os, laminoir de l'Hôtel des monnaies établi au Stalden. Entre 1816 et 1834, le célèbre facteur d'orgues Aloys Mooser y possédait un atelier.
Dans le Dictionnaire géographique de la Suisse, le Gottéron est encore décrit au début du 20e siècle comme une banlieue de Fribourg faisant partie intégrante du quartier de l'Auge. Avec le quartier des Forgerons, elle totalisait 59 maisons et 780 habitants de langue allemande. A cette époque, des grottes à glace y furent aménagées pour la Brasserie du Cardinal.
Mais la révolution industrielle signa l'arrêt de mort de ce site qui avait si longtemps contribué à la réputation des produits de la cité. Abandonnées peu à peu, parfois écrasées sous des éboulements de terre ou des chutes de pierres, parfois dynamitées, les constructions se raréfièrent. Plus aucun moulin n'est en activité actuellement, mais un regain d'intérêt semble poindre depuis quelques années.
Le site actuel
D'un caractère presque hostile en raison de son dense couvert forestier et de ses abruptes parois de molasse, le vallon sauvage et obscur forme une parenthèse étonnante dans la région de douces collines qui est aujourd'hui en partie dévorée par les développements du Grand Fribourg, à savoir le Schönberg au nord et Bourguillon au sud.
L'entrée du site depuis l'ouest est puissamment mise en scène. En aval du pont de Berne qui relie le quartier des Forgerons à l'Auge, une large arcade surmontée de bretèches signale l'embouchure du Gottéron dans la Sarine, puis les hautes silhouettes de la tour Rouge et de la tour de Dürrenbühl se dressent à la manière d'un portail sur les deux promontoires marquant l'extrémité du vallon. Ces deux éléments verticaux sont reliés par le pont en béton qui enjambe le ravin. Au bout de la rue des Forgerons, la limite de l'ancienne banlieue préindustrielle est tracée avec précision par une muraille percée de trois arcades, la plus haute servant de porte, celle du milieu laissant passer les eaux du Gottéron.
Le plus souvent transformés en habitation, les bâtiments subsistants sont des édifices isolés ou des petites cellules ponctuant l'espace à intervalles réguliers. Etant orientés généralement dans la direction du vallon, ils se caractérisent par leur mur-pignon qui accueille le visiteur. Les bribes de ce tissu éclaté, alternant avec de simples espaces verts, sont reliées par la petite route longeant la rive droite du torrent, ainsi que par les canaux de dérivation des eaux, toujours en place. Le groupe inférieur (0.1) est le seul ensemble encore digne de ce nom. Très compact, il se compose de bâtiments répartis des deux côtés de la chaussée, selon une disposition tout à fait semblable à celle du 19e siècle. L'espace est ponctué par l'ancien laminoir de l'Etat avec une façade-pignon dotée de plusieurs galeries en bois et l'ancienne scierie de la Ville qui était autrefois une halle ouverte.
Datant des années 1560 et 1570, le moulin de la Chapelle est un édifice isolé en maçonnerie crépie, qui doit son nom au petit sanctuaire situé jadis exactement en face de l'embouchure du ruisseau descendant de Bourguillon. La nette différence de pente et de hauteur entre les deux toits à demi-croupes lui donne une forte expression. Le groupe (0.0.14) à proximité immédiate de la digue inférieure ne comporte plus que deux bâtiments du côté nord de la chaussée. En aval, le premier correspond à trois anciens moulins à huile qui étaient encore en fonction pendant la Deuxième Guerre mondiale. A l'instar du moulin de la Chapelle, ces édifices contigus par leurs murs-pignons présentent une hauteur croissante d'ouest en est, qui accentue la légère montée du vallon.
A la frontière entre les communes de Fribourg et de Tavel, le groupe (0.0.17) situé immédiatement en aval de la haute digue se compose, au sud de la route, de deux bâtiments très rapprochés en maçonnerie crépie: il s'agit d'un ancien double moulin à huile devenu habitation et d'un ancien martinet à fer abritant la Pinte des Trois-Canards.
Du groupe alimenté par un canal partant de la longue digue, seul a été conservé un ancien moulin à huile: ce bâtiment en maçonnerie crépie est percé de baies cintrées en axes réguliers sur ses deux petits côtés couverts chacun d'un avant-toit à berceau. Puis le premier moulin en aval de la digue supérieure appartient au complexe de la pisciculture.
Dernière construction du vallon, la maison Droux, qui servait autrefois de pilon à cuivre, dirige également son mur-pignon coiffé d'un toit à pans coupés vers le torrent. Enfin, la gorge se referme sur un espace sauvage, parcouru par un sentier pédestre réaménagé en 1986.
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Nous qualifions
*** Qualités de la situation
*** Qualités spatiales
**/ Qualités historico-architecturales
Longue et étroite fracture au fond de laquelle ne subsiste plus qu'un nombre infime de bâtiments, le vallon du Gottéron - ancien quartier industriel de la ville de Fribourg - est un cas hors normes dans l'inventaire ISOS. Site naturel plus que site construit, il affiche des qualités paysagères exceptionnelles qui ne peuvent être dissociées de ses qualités spatiales. L'interaction entre bâti et environnement y déploie une force expressive particulièrement élevée: aux deux abruptes parois - alternant broussailles et pans de rochers - qui contiennent le vallon en lui donnant un caractère remarquablement sauvage, répond avec calme - au fond de la mince bande de prés - le cordon lâche et fragmentaire des accents architecturaux.
En dépit des nombreuses démolitions qui ont affecté le bâti d'origine, les qualités historico-architecturales de ce lieu occupé depuis le milieu du 13e siècle demeurent évidentes en raison de la typologie homogène des constructions, illustrée notamment par le Moulin de la Chapelle des années 1560-1570.
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