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Ortsbild des Monats Januar 2011: Trois-Rods NE

Das Ortsbild des Monats Januar ist eine gekürzte Version der französischsprachigen Aufnahme aus der ISOS-Publikation République et canton de Neuchâtel, sites D-Z von 2009.

Trois-Rods, Commune de Boudry, district de Boudry, canton de Neuchâtel, cas particulier d'importance nationale

Carte Siegfried 1882Carte nationale 2004Photo aérienne Bruno Pellandini 2008Entrée du château Du PasquierTrois-RodsUsine du ChanetViaduc ferroviaire


Développement de l'agglomération    

Trois-Rods est implanté en contre-haut de la petite ville de Boudry, sur les premières pentes du Jura. Son nom, formé à partir du préfixe latin « trans » et du celtique « rodo », précise sa position par rapport aux anciens villages de Boudry et de Pontareuse : « au delà du passage à gué », ce qui signifie sur la rive gauche de l´Areuse. Il semble que ce lieu traversé par le chemin montant à Rochefort, où passait la route de France menant de Neuchâtel à la Saône par le Val-de-Travers, ne fut habité qu'à partir du 16e siècle. Le châtelain Nicolas Verdonnet y acheta une maison et un clos en 1559. Ce bien passa en 1600 au gouverneur Jacques Vallier qui reconstruisit la bâtisse entre 1606 et 1611. Le domaine changea plusieurs fois de mains avant d'être vendu en 1768 à Jean-Frédéric de Pierre. Issu d'une famille anoblie par le roi de Prusse en 1729, ce personnage, membre du Petit Conseil de Neuchâtel, est à l'origine du château actuel dont il fit sa résidence d'été. Les dépendances rurales du manoir furent transformées en 1855 et 1901. Cette dernière date correspond également à l'édification de deux annexes de part et d'autre du château.

La première édition de la Carte Siegfried de 1882 illustre un état qui a très peu varié jusqu'à nos jours. Y figurent, distants d'environ 750 mètres, les deux chemins de fer inaugurés en 1859 et 1860, l'un reliant Neuchâtel à Lausanne, l'autre s'engouffrant dans les gorges de l'Areuse pour se diriger vers Paris. Les coteaux qui enserrent la rivière à son débouché dans la plaine étaient alors plus largement plantés de vignes que de nos jours. En 1913 et 1914, l'architecte Maurice Künzi construisit sur la rive droite de l'Areuse - pour le Service de l'électricité de la Ville de Neuchâtel - une usine électrique qui nécessita la mise en place d'un réservoir, d'un étang compensateur et d'une conduite forcée. Jusqu'à présent, les développements pavillonnaires ont épargné ce site champêtre, à l'exception de trois habitations familialese  groupées à l'entrée inférieure de Trois-Rods : avec leurs jardins arborisés, ces maisons forment un écran opaque devant les vignes qui dégagent le premier plan du bâti.

Le site actuel    

Ce lieu à flanc de coteau a conservé une très grande authenticité. Fragmentée par les gorges de l'Areuse, son insertion topographique engendre de forts contrastes. Ainsi l'ensemble de Trois-Rods, groupé autour du château, se dresse en tension ouverte à l'est du ravin, alors que l'usine électrique occupe une position très discrète sur la rive opposée de la rivière. Cette interaction se perçoit avant tout depuis le viaduc qui enjambe l'Areuse quelques dizaines de mètres en aval des deux ensembles, impressionnant ouvrage d'art qui signale avec vigueur l'entrée méridionale du site.

L'ensemble du château    
Au sud, la route qui donne accès au groupement du château (> 0.1) est fermement délimitée par deux murs. Un monticule planté de vignes la borde à l'est, ne laissant entrevoir de la petite structure linéaire que les deux bâtiments qui forment son seuil inférieur. Le tissu bâti se déploie de manière lâche et irrégulière le long de l'étroite route asphaltée qui suit la rupture de pente, gardée par un mur du côté du précipice. Il se subdivise toutefois clairement en trois îlots, chacun adapté aux opportunités du relief.

Formant une sorte de verrou avec le dense cordon boisé qui masque le ravin, le premier îlot composé de deux maisons paysannes à l'est de la chaussée est délimité au nord par l'ancien chemin venant de Bôle : un feuillu signale encore l'embranchement de cette voie qui a conservé son revêtement naturel. Puis l'espace s'ouvre vers l'îlot central, le plus complexe des trois et le seul à se développer des deux côtés de la route. Le château, profitant du vaste espace en pente douce qui s'étend à l'est de la chaussée, se démarque des maisons paysannes par son orientation parallèle aux courbes de niveau. Mis en exergue au sommet d'un jardin articulé en trois terrasses superposées, il s'organise avec une certaine régularité autour d'une cour rectangulaire : habitation au sud et dépendances rurales au nord, reliées latéralement par des annexes qui encadrent deux portails situés dans le même axe. La sobre architecture classique de la façade d'apparat est quelque peu bousculée par les adjonctions de 1901, notamment celle coiffée d'un haut toit à quatre pans réveillonnés. Toutefois, ce pavillon d'angle répond à ceux qui marquent les extrémités des dépendances rurales : ainsi ces accents verticaux renforcent de façon notable l'identité castrale de la propriété. A l'ouest de la route, une rangée de quatre maisons paysannes en ordre contigu se développe perpendiculairement aux courbes de niveau. Occupant une position dégagée au sommet du glacis incliné vers l'Areuse, ce massif semble faire corps avec le château. L'imbrication complexe des maisons rurales, soulignée par des décrochements de plan se répercutant en toiture, induit cependant un net contraste avec le manoir : à la calme façade-gouttereau de ce dernier s'oppose le pignon asymétrique de la maison qui forme la tête inférieure de la rangée. Prise dans une forte pente, cette élévation percée de fenêtres de différentes époques est accentuée par les hauts murs étayés de contreforts qui ceinturent son jardin en terrasses.

Après une césure occupée par un verger, le troisième îlot est représenté par une seule maison paysanne des 18e et 19e siècles, implantée à l'ouest de la route où le relief ménage un petit promontoire. La largeur de ce replat est mise en évidence par l'adjonction d'une annexe en fort décalage du bâtiment principal. Un pavage de galets relie la ferme à la chaussée.

L'usine électrique du Chanet    
Enfouie dans la végétation, la cellule secondaire (> 0.2) passe presque inaperçue. L'usine électrique, long bâtiment empreint de Heimatstil, offre une silhouette découpée selon la mode de son temps. Vigoureusement articulée par des éléments structurels en pierre jaune, la construction en maçonnerie crépie révèle sans ambiguïté ses différentes fonctions : bureaux et habitation réunis dans un corps percé de deux niveaux de fenêtres rectangulaires sous un toit Mansart, salle des turbines éclairée par de grandes verrières en plein cintre. La porte monumentale de cette salle est mise en évidence par un avant-corps surmonté d'un haut toit à quatre pans qui évoque ceux des pavillons aux angles du château de Trois-Rods.

Les environnements    
La mince bande de vignes (> II) qui sert de glacis à l'ensemble principal est structurée par un réseau de murs assez complexe dans sa partie supérieure. A l'est de ce groupement, le coteau en faible pente (> I) est couvert de terrains agricoles. Cet espace relativement vaste se singularise par sa configuration rectangulaire délimitée par deux lignes naturelles et par deux lignes artificielles. Plusieurs cordons boisés amorcent une compartimentation géométrique de l'espace, en partie calquée sur la frontière communale avec Bôle. L'un de ces cordons est une allée qui prolonge l'axe de la cour du château dans les champs. La voie historique vers Bôle est mise en évidence par deux groupes compacts de chênes : ces bouquets d'arbres rappellent les célèbres « clumps » dont la mode fut lancée au milieu du 18e siècle par les premiers paysagistes anglais pour animer les grands espaces vides. Quant au coteau (> III) dominant l'usine électrique, il est étroitement délimité par un cordon boisé en arc de cercle qui sert de protection à la conduite forcée.

Nous recommandons    

  • Préserver intégralement la substance de l'ensemble du château et de l'usine électrique ainsi que leurs environements immédiats.
  • A terme, on pourrait envisager le déplacement de la ligne électrique qui traverse l'ensemble du château.

Nous qualifions

***       Qualités de la situation
**/        Qualités spatiales
***        Qualités historico-architecturales
    
     
Excellentes qualités de situation au débouché des gorges de l'Areuse, qui s'expriment par le caractère accidenté du ravin et sa mise en contraste avec un calme coteau de champs sur le côté est du site. Fort effet de silhouette du noyau principal, implanté à la couture de ces deux espaces.

Hautes qualités spatiales de l'ensemble groupé autour du château en raison de sa structure qui se développe à une brusque cassure du relief. Effet rythmique donné par la répartition du bâti en trois îlots régulièrement espacés, celui du centre accentué par le château et une étonnante rangée de maisons rurales. Orientation du bâti perpendiculaire à la direction générale du relief contrebalancée par le château et une allée qui se déploie dans l'axe de sa cour. Qualités spatiales moins évidentes de la cellule secondaire, constituée d'un seul bâtiment.

Excellentes qualités historico-architecturales en raison de la parfaite authenticité de l'ensemble de Trois-Rods composé de fermes et de maisons vigneronnes typiques de la région, mais surtout animé par la présence d'un château de la deuxième moitié du 18e siècle, organisé autour d'une cour. Egalement hautes qualités typologiques de l'usine électrique du Chanet, dotée d'un étang compensateur et d'une conduite forcée qui tirent parti de la topographie.

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Weitere Informationen

Typ: PDF
31.10.2011 | 212 kb | PDF
La numérotation figurant dans la description du site, par exemple (> 1), se réfère au plan. Ce dernier présente une interprétation du site sous l'angle spécifique de l'inventaire.

Les photographies datent de 2008.
Typ: PDF
12.01.2011 | 284 kb | PDF


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