Couvent de Saint-Gall (1983)

St. Gall, abbatiale nord
© SB-Bodensee Tourismus
Le couvent de Saint-Gall, dont l’apparence actuelle est en grande partie le résultat des campagnes de construction du 18e siècle, est un imposant ensemble architectural composé de différents bâtiments regroupés autour de la grande place du couvent : le côté ouest va de l’abbatiale, flanquée de deux tours et de l’ancien cloître dont les ailes abritent aujourd’hui la bibliothèque, à la « Neue Pfalz », actuel siège des autorités cantonales. De l’autre côté de la place, l’ancien arsenal, la chapelle des enfants et des anges gardiens et l’ancienne école catholique.

St. Gall, cathédrale
© Philipp Lehmann
Il a cependant été prouvé que la construction du 9e siècle a partiellement respecté le plan : l’abbé Gozbert fit démolir l’église bâtie par Othmar en 830 pour construire une nouvelle abbatiale de Saint-Gall. Plus tard, dans le courant du même siècle, l’église Saint-Othmar (bénie en 867) et la chapelle Saint-Michel furent toutes deux édifiées à l’arrière de l’abbaye de Saint-Gall de l’époque, pour disparaître ensuite entièrement dans la construction de l’actuelle cathédrale ; pour seuls vestiges de ces édifices carolingiens, mis à jour par des fouilles, restent les fondations, de magnifiques chapiteaux et les cryptes. Une succession d’incendies et de destructions au cours des siècles a périodiquement exigé des travaux. À la période gothique, la construction carolingienne n’a été que peu modifiée, hormis un nouveau chœur (terminé en 1483); en 1623, l’église Saint-Othmar a été rénovée, entraînant la démolition de la chapelle Saint-Michel, ce qui a permis de prolonger vers l’ouest la nef de l’ancienne abbatiale.

St. Gall, chœur
© Kanton St. Gallen
Aujourd’hui, la cathédrale comporte une rotonde centrale qui, de l’extérieur, a l’aspect d’un bâtiment transversal reliant deux parties de même longueur, le chœur et la grande nef. Les façades est et ouest sont d’apparence sobre et seulement ornées de quelques statues. Les renflements de la rotonde sont richement décorés. La façade en mollasse est sans doute le joyau architectural du bâtiment. Entre deux tours de 68 m de haut s’avance une partie centrale sur trois étages ; cette dynamique est renforcée avec faste par de nombreux éléments de décor. À l’intérieur, la construction est organisée autour de l’espace central de la rotonde, alors que l’architecture de la grande nef semble la faire se prolonger jusqu’au chœur; l’effet recherché n’est pas ici le mouvement, mais plutôt un équilibre paisible et stable. La cathédrale de Saint-Gall peut être considérée comme une charnière entre roccoco et classicisme, l’un des derniers édifices sacrés de style baroque. Pour l’essentiel, le décor intérieur se limite aux plafonds (Christian Wenzinger pour la coupole et la nef et Josef Wannemacher pour le chœur): des scènes religieuses et des personnages sont représentés dans des cieux décorés de nuages d’un brun sombre. Les stalles du chœur, sculptées de 1763 à 1770 par Joseph Anton Feuchtwanger, sont admirables par la richesse de leur décor et sont encore davantage mises en valeur grâce à l’impression d’ensemble qui se dégage de l’espace architectal.

Bibliothèque du Couvent de St-Gall
© Stiftsbibliothek St. Gallen
L’actuelle salle de la bibliothèque conventuelle, aménagée par l’abbé Coelestin II, se trouve aux 2e et 3e étages de l’aile ouest de l’ancien cloître, au sud de la cathédrale. Les lignes serpentines tracées par les galeries de bois subdivisent l’espace en deux étages et contribuent, avec les arcs surbaissés des voûtes plates, à déconstruire la rectangularité de la salle. Ses parois et pilastres sont habillés de rayonnages finement ouvragés; une bonne exposition de part et d’autre de la pièce et la finesse des décors en bois et en stuc la débarassent de toute lourdeur. En accord avec la vocation de la salle, les plafonds font référence à la doctrine en représentant les quatre premiers conciles œcuméniques : les conciles de Nicae (325), Constantinople (381), Ephèse (431) et Calcédoine (451).
L’ensemble conventuel de Saint-Gall a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial parce qu’il est une réalisation partielle du plan de l’abbaye idéale et un exemple typique de grand monastère bénédictin. Pôle de l’art et de la connaissance, la continuité fonctionnelle et culturelle du site se reflète dans la cohérence de l’histoire de sa construction.
Sources: Erwin Poeschl: Die Stadt St. Gallen: Zweiter Teil, das Stift, dans la série: Die Kunstdenkmäler des Kantons St. Gallen, vol III, éd. par la Société d’Histoire de l’Art en Suisse, Birkhäuser, Bâle 1961 et Josef Gründenfelder, Albert Knoepfli: Kathedrale St. Gallen, in der Reihe: schweizerische Kunstführer, Société d’Histoire de l’Art en Suisse, Berne 1987.
Dernière mise à jour le: 01.02.2012